Qui sommes nous

C'est au tout début du XX° siècle que nous retrouvons l'origine de notre club. Auparavant, Henri Brulle était bien monté, le 16 mai 1877, au sommet du Pic du Jer à Lourdes, où… « il avait trouvé le panorama vraiment beau », mais il avait alors fait peu d'adeptes. En 1903, est créé le groupe « Les Pyrénéistes du Lavedan », l'une des plus anciennes sociétés de montagne des Pyrénées, dont les membres avaient pour but de « développer le goût des excursions de montagne ». Ils sont également à l'origine de l'initiative de création du musée pyrénéiste et régional au Château-fort de Lourdes (Louis Le Bondidier, en 1920, et son épouse Margalide, créent le Musée Pyrénéen. Louis Le Bondidier en est le conservateur jusqu'à son décès en 1945, Margalide Le Bondidier lui succède, et développe largement ce musée, jusqu'à son décès en 1960).

 

Au printemps 1933, ce groupe de 48 personnes devient la section du Club Alpin Français de Lourdes. On retrouve, dans la bibliothèque du club, le premier livre de comptes débuté à cette date. Les activités se développent rapidement, sous la houlette de grands noms du pyrénéisme : Henri Lamathe, Jean Senmartin, Jo Bordenave, Henri Lanne, Pierre Abadie, Henri Lebreton, Henri Latapie, et bien d'autres …

 

Au niveau national, le Club Alpin Français a été créé quelques années auparavant, en 1874. Il est reconnu d'utilité publique en 1882. Dès cette époque, le CAF revendique une action en faveur de l'aménagement de la montagne et va construire des refuges. Il organise et contrôle la profession de guide. Il obtient une délégation des pouvoirs publics pour la détermination des tarifs de guide et l'attribution des diplômes, délégation qu'il conservera jusqu'en 1940. Il devient vite le représentant des intérêts des alpinistes. Jusqu'en 1997, chaque section, dont celle de Lourdes-Cauterets, fait partie de l'association nationale dite CAF. A partir de cette date, chaque section devient une association autonome, et le CAF national devient la Fédération des Clubs Alpins Français (FCAF). En 2005, la Fédération change de nom, et devient la FFCAM (Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne).

Poursuivant les engagements initiaux du « Club Alpin Français » (1874), puis de la « Fédération des Clubs Alpins Français » (1996), la « Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne » se donne pour mission de rendre accessible au plus grand nombre une pratique autonome et responsable de la montagne. Dans cet esprit, elle contribue à la formation et à la sécurité des usagers de la montagne, à l'aménagement et à la protection du territoire, à l'élaboration et à la transmission d'une culture montagnarde.

 

Mais revenons à l'histoire de notre club local. Nous retrouvons dans la bibliothèque du club le bulletin d'informations de la section de Lourdes, créé en mai 1947 par Henri Lamathe cofondateur de la section de Lourdes, dont les quatre premiers numéros manquent malheureusement, et qui nous inspirent aujourd'hui. A l'époque, les encadrants s'appellent des Commissaires de course. Ne résistons pas au plaisir de retranscrire un extrait du bulletin n° 7 de septembre-octobre 1949, signé Henri Lamathe, qui présente ces commissaires avec un bon trait d'humour :

 

« Ah ! les Commissaires de course… En avons-nous entendu des récriminations après eux… Ces pelés, ces galeux, ces tondus… Qui marchent ou trop vite ou trop lentement, qui font trop de haltes ou pas assez, ou encore des haltes trop longues ou trop écourtées, ou qui déroulent la corde à contretemps, l'utilisant quand « c'est tout à fait à vaches » ou la conservant précieusement dans leur sac quand le danger est partout et qu'elle serait alors absolument « indispensable ». Pauvres Commissaires de course… Et pourtant, en toute justice, qui louera assez leur abnégation ? Qui dira assez leur travail obscur, ingrat, décevant parfois ? Bien souvent, le Commissaire de course aura sacrifié une sortie, dont il aurait retiré de bien plus grandes satisfactions personnelles, pour se consacrer à la conduite de sa caravane ; par amour du Club, par dévouement pour ses camarades débutants, plus jeunes ou moins avertis, il refera une course qui l'intéressera peu ; attentif à sa troupe, il la surveillera, sans ostentation, aidant les faibles, encourageant les fatigués, semant partout la joie, l'espoir et l'optimisme ; heureux, le soir, après une journée bien remplie, après des préoccupations qu'il aura su cacher à tous, de ramener sa troupe qu'il aura contribué –et ce sera là sa seule récompense- à enrichir physiquement et moralement. Il existe, certes, de nombreux « grands montagnards » ou réputés tels, mais très peu de bons chefs de course, avertis, sachant s'oublier, pour se consacrer exclusivement à leurs camarades. »

 

Au fil des années, le titre évolue en chef de course, puis cette notion s'atténue, nous parlons aujourd'hui plus simplement de responsable de la sortie, ou d'encadrant. Mais le titre importe peu, il est par contre intéressant de lire les comptes-rendus des sorties organisées, aux destinations parfois prestigieuses, voire téméraires pour l'époque lorsqu'on connaît la faible technicité du matériel de montagne d'alors. Certains récits sont croustillants. Quelques premières remarquables sont à l'initiative d'anciens membres du club. Des camps d'été de plusieurs jours sont organisés, et rencontrent de francs succès.

 

Il faut également savoir que le secours en montagne des Pyrénées a eu comme cheville ouvrière de son organisation un ancien membre, François Didelin.

 

Le club participe aussi quelques temps à la création ou l'entretien de sentiers, puis il entame un processus de création de plusieurs sites d'écoles d'escalade, qui est encore perpétré de nos jours (dont notamment Larrouza, Pont d'Espagne, pic du Jer, Larribet, … salle de Lourdes).

 

En novembre 1958, la création de la sous-section de Cauterets est agréée par le Comité de Lourdes, elle est créée en 1959. Citons parmi les réalisations de cette sous-section, sous la houlette notamment de François Boyrie, le site d'escalade du Pont d'Espagne, et le projet de construction du refuge des Oulètes de Gaube.

 

Côté refuges, justement, on retient diverses informations. Le 11 juillet 1954, une collective composée de Palois, Tarbais, Bagnérais et Lourdais monte à Tuquerouye divers matériaux destinés à la réfection de ce refuge. Un bulletin de 1956 précise que les années de guerre et d'après-guerre avaient vu un arrêt de la construction et de l'entretien des refuges, mais que plusieurs projets sont en cours, à l'initiative de diverses sections CAF pyrénéennes.

 

Le refuge de Larribet, premier bâtiment de notre club, est inauguré le 26 octobre 1958, il est situé sur l'éperon rocher du Pla d'Arribit. Une carte du massif du Balaïtous, au 1/20.000°, est éditée par le CAF de Lourdes-Cauterets en 1960, il s'agit d'une première, elle est complétée par l'édition d'une brochure en 1963. Entièrement restauré et agrandi en 1991-1992, ce refuge connaît une seconde inauguration le 20 juin 1992.

 

Le refuge des Oulétes de Gaube est inauguré le 26 juillet 1964, les travaux avaient débuté en 1962. La revue numéro 40 du club (et les suivantes), qui relate cette journée, consacre l'orthographe ci-dessus, de même que les lettres en fer forgé qui sont fixées sur la façade du refuge. Puis l'accent change de sens… et devient Oulètes. On retrouve cependant, plus tard, dans divers cartes et écrits, une autre orthographe : Oulettes de Gaube. Mais il s'agit bien d'un seul et même bâtiment, au pied de la célèbre face Nord du Vignemale ! Des travaux d'agrandissement sont effectués en 2004-2006, l'inauguration s'est déroulée le 2 juin 2007.

 

Le chalet-refuge de Gourette, premier chalet-refuge des Pyrénées, inauguré le 27 novembre 1971, fait l'objet, à cette date, d'une gestion collégiale entre les sections pyrénéennes, le secrétariat échoit alors à celle de Lourdes-Cauterets.

 

Le bulletin du club s'interrompt quelques années et ne reprend vie qu'en 1980: le numéro 47 de décembre 1971 est suivi du numéro 48 en mars 1980. A cette date, la section comporte environ 850 membres ! (dont le groupe Turboméca, créé en 1968, qui fondera par la suite une section indépendante). La Revue Pyrénéenne existe déjà, le bulletin se présente donc en simple complément, axé sur une information directe de la vie de la section de Lourdes-Cauterets.

 

Entre temps, le club a acquis en 1976 une vieille grange nommée « Clos de Hole », et en a fait le chalet-refuge de la Grange de Holle. On retrouve l'existence de cette grange en 1244. A cette époque, la commune de Broto (Espagne) payait annuellement une redevance au Grand Prieur (Commanderie de l'ordre des Hospitaliers de Gabarnio) pour le Clos de Hole et de Pouey d'Aspe. La grange de Holle a été agrandie à partir de 1998, ces travaux ont donné lieu à une inauguration le 22 juin 2002.

 

Et bien entendu, de très nombreux stages, camps, raids, sorties, sont régulièrement organisés, chaque année, par les encadrants qui se succèdent au fil des décennies qui s'égrènent. Vieilles montagnes, courses nouvelles, renouvelées. Exploits individuels sont également de la partie.

 

En 1985, le club décide de se porter acquéreur du local qu'il occupe toujours, place de la République (régularisé en 1992). Il était jusqu'alors logé à la maison de l'Abbé Peyramale, à côté de l'ancienne Bibliothèque, dans une pièce jugée exiguë. Cette même année, le club entreprend le nettoyage et l'équipement du rocher-école du Pic du Jer, et le groupe Turboméca s'organise en section indépendante, ce qui fera naturellement chuter les effectifs de notre association.

 

Le dernier numéro du bulletin d'informations paraît en décembre 1986, le Comité directeur ayant décidé sa suppression eu égard au faible nombre d'abonnés. Puisse le nouveau site internet permettre humblement une reprise de la diffusion d'informations sur la vie du club auprès de ses membres, mais aussi d'autres internautes.

 

Le refuge Packe, construit en 1895, inauguré en août 1896, en forme d'ogive comme celui de Tuquerouye (les plans de ces deux refuges historiques sont conçus par la même personne, Léonce Lourde Rocheblave), est restauré en 1993 et 1997. Son centenaire a été fêté le 16 septembre 1995 (repas du soir servi à La Glère).

 

Véritable légende vivante, le refuge de Tuquerouye a été sauvé d'une mort programmée, par la ténacité de notre club, après un marathon administratif de 8 années. Construit en 1889, sous l'égide de Léonce Lourde Rocheblave et de la section du Sud-Ouest du CAF, inauguré les 4-5 août 1890, il est agrandi par doublement de sa structure en 1928. Restauré à diverses reprises, dont 1954, et 1978 à l'initiative de l'arrière petit-fils du bâtisseur, il est dans un piteux état au début des années 1990. Sa restauration est effectuée par le CAF de Lourdes-Cauterets en 1999, l'inauguration a lieu le 1er juillet 2000.

 

Le refuge de la Glère a été construit pour servir d'hébergement aux ingénieurs des travaux hydroélectriques importants qui ont eu lieu à la fin des années 1940. Il est devenu refuge en 1953 suite au transfert vers Jeunesse et Sports, puis a été cédé à la Commune de Barèges, laquelle, à son tour, concède à notre club en décembre 2002 un bail emphytéotique. Après une période de fermeture, les travaux de rénovation sont terminés, le refuge rouvre ses portes en mars 2007, et l'inauguration a lieu le 7 juin 2008.

 

Ainsi peut-on dire, à ce jour, que tous les refuges dont s'occupe le CAF de Lourdes-Cauterets ont fait l'objet, à tour de rôle ces 15 dernières années, d'un programme de rénovation ou d'agrandissement, et offrent des conditions d'accueil, qu'ils soient gardés ou non gardés, plus que respectables.

 

La salle d'escalade est enfin la dernière nouveauté majeure, à ce jour, du club. Une convention d'occupation, signée avec la ville de Lourdes, pour les locaux des anciens abattoirs, a permis au club d'investir lourdement, en 2002, dans la création d'une salle artificielle d'escalade.

 

Jacqueline Ara

CLUB ALPIN FRANCAIS LOURDES CAUTERETS
1 PLACE DE LA REPUBLIQUE
RESIDENCE LE LAVEDAN
65100  LOURDES
Contactez-nous
Tél. 05 62 42 13 67
Permanences :
mercredi et vendredi de 16h00 à 19h00
Agenda