Carnet de route

Alpinisme: Le Petit Dernier

Le 15/12/2013 par Yves

 

Ca devait être la Montagne d’Areng dans le Comminges. L’enneigement très bas et l’incertitude quant à l’état du couloir du Gouffre nous a incités à changer nos plans. Ce fut donc le couloir « le Petit Dernier au Pic de Barassé en vallée de Campan.

On dit des petits derniers qu’ils sont souvent capricieux. Ce Petit Dernier là ne fait pas exception, ce dimanche 15 décembre. Boudeur, il se situe tout au fond du vallon qui remonte le long de la face nord du Barassé. L’approcher n’est donc pas chose facile pour Dominique, Jérôme, Jean-Louis, Mathieu et Yves. D’autant moins que la neige, tombée dès la mi-novembre ne s’est pas encore transformée sur ces pentes peu touchées par les rayons du soleil et après plusieurs semaines de froid mordant, inhabituelles en début de saison. Pour nous cinq, ç’est donc ‘un coup je reste en surface en marchant sur des œufs’, un coup ‘je coule’ en poussant des jurons, surtout lorsque celui de devant a réussi à rester à flot. Mais à ce petit jeux là, il n’y a pas de miracle : personne ne parvient au pied du couloir sans ressentir un peu de fraicheur dans ses contrées les plus intimes.

Une fois au pied du couloir, la neige semble plus compacte et la progression corde tendue se fait sans encombre et à un bon rythme. Mais le Petit Dernier nous réserve une surprise de sale gosse: « c’est pour mieux vous coincer mes enfants ! gnarf, gnarf.»  Nous nous retrouvons au pied du rétrécissement annoncé dans les topos et visible depuis le bas. Mathieu en tête de la première cordée et Jérome derrière lui passent apparemment sans trop de tergiversations. Yves, en tête de la seconde cordée de trois coince. Quelques souvenirs d’un mois d’août mouvementé tiédissent un peu son ‘esprit d’entreprise’. Tour d’horizon : rien à première vue pour poser un point de protection. Le peu de neige qui faisait mine de donner au fond du goulet un aspect hivernal a été emporté par Mathieu et Jérome. Sec sec sec comme un hareng saur le goulet ! Il va falloir y aller par la dalle de gauche avec ses prises rondes et inversées. Ca tombe bien, le premier de cordée adooooore le dry tooling. Beurk, surtout lorsqu’il est non-protégé! De nouveau, on scrute la paroi à la recherche d’une petite fissure, une petite lunule, Quelque chose, quoi… Oh, on n’est pas difficile, on se contenterait de peu, juste un friend n° 0,0001. Yves, juste pour faire joli sur la paroi, plante  le premier centimètre d’un piton qui s’obstine à ne pas tinter comme il aimerait bien qu’il le fasse. Enfin, Jean-Louis trouve un petit interstice et y enfonce un nouveau piton qui, vu d’en haut, fait meilleure figure. L’important, c’est dans la tête ! Quand foyalé, foyalé. Pointes avant sur une…mouai, allez, disons réglette. Pointe du piolet gauche dans un …mouai, allez, disons creux…. Un mètre…deux…trois...cinq, ça y est le goulet sec sec sec est passé.

Une longueur plus haut, on trouve à droite un bon relais sur sangle dans un endroit pourtant beaucoup moins expo. Ca fait rien, on prend !

La suite est une progression dans du mixte ariégeois : un coup de piolet dans de la neige pulvérulente qui ne tient pas et ne semble pas concernée ; un coup dans une touffe moussue qui joue gentiment le jeu; un coup dans un pied de rhododendron qui n’a rien demandé et semble n’en avoir rien à battre ; un coup qui rebondit sur un rocher et qui va obliger à sortir la lime de retour à la maison. C’est ça les joies du mixte arégeois, mais l’important est de sortir par le haut !

Enfin on arrive sur la crête secondaire. Au soleil. Passablement ‘entamés’ par tous ces efforts. Ca ne fait rien, ce moment là est toujours délicieux. Les jeunes attendent au sommet depuis…Ah oui, déjà ? On n’a pas vu le temps passer. Mathieu, toujours attentif avec les personnes âgées se porte à notre rencontre pour prendre nos sacs. Non mais, pourkikinouprend ? Passe donc ton initiateur TM jeune blanc-bec !

C’est sûr qu’on avait un peu de retard, mais calcul rapidement fait au retour, bien au chaud dans le carrosse de Dominique, leur cordée dépassait à peine le demi siècle. La nôtre, certes à trois, atteignait le total tout à fait respectable de 172 ans!!! Pet au moral…







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