Carnet de route

Raquettes: séjour aux Bouillouses

Le 07/04/2012 par Sophie, Paule et Jean

Un weekend raquettes de 3 jours pour clore la saison en beauté :

3 jours au cœur des Pyrénées Orientales pour faire un long voyage dépaysant et vivifiant

3 jours pour vivre en accéléré les caprices de 3 saisons, l’hiver, le printemps, et l’été.

 

Samedi 7 avril :

Il est 7h30 lorsque, Paule, Sophie, Jean-François et moi Jean nous retrouvons au club pour le séjour de fin de saison de la section raquettes à neige (Camille est « le forfait de dernière minute » suite à une entorse lors d’un entraînement de volley dans la semaine), à quatre nous prenons donc la route des Pyrénées Orientales pour rejoindre Mont-Louis et le refuge CAF des Bouillouses, après une pause café en terrasse à Foix c’est vers 12h00 que nous atteignons le parking de départ, il déborde de soleil et de voitures immatriculées en Espagne notamment, estomacs et sacs chargés nous empruntons la route encombrées de touristes à la recherche de grand air, heureusement nous bifurquons rapidement pour quitter le goudron et rejoindre le refuge par un chemin qui nous permet de nous isoler et de longer les Estanys Nègre et Llarg, le paysage est dépaysant, superbe et se souligne parfois de giboulées, au final nous rejoindrons la route sous le refuge et sous un franc soleil. La chambre de quatre personnes est accueillante, chauffage, lavabo et bons lits, wc et douches sont dans le couloir, c’est le bon côté des refuges de bords de route facilement alimentés en énergie.

Après une visite du site et le repérage du départ de demain matin, nous nous retrouvons en terrasse pour la boisson moussante indispensable, avant de prendre l’apéritif gersois (Pacherenc) tiré du sac, le repas sera copieux et après un point météo d’une des aides et un Cognac arrangé à la méthode Jean-François nous rejoignons notre chambre déjà pressé d’être à demain matin.

 

Dimanche 8 avril :

Réveil matinal à 6h15. Le vent souffle par bourrasque à l’extérieur. Les yeux à peine ouverts, nous constatons au premier regard par la fenêtre qu’il a neigé : la terrasse du refuge est recouverte d’une petite épaisseur de poudre. Après un bon petit dèj pour nous réveiller, nous préparons nos sacs, sereins malgré ce temps aux couleurs hivernales. En effet, la veille, la gardienne nous avait rassurés par le bulletin météo, qui annonçait une nette amélioration et un retour des éclaircies à partir de 11h00. Nous voilà donc partis à l’assaut du Carlit confiants et motivés !

Dès la sortie du refuge, nous sommes surpris par la force des rafales de vent, et refroidis par la neige qui vient nous piquer le visage. Emmitouflés comme pour une sortie au plus froid de l’hiver, nous avançons sans trop réfléchir, les yeux rivés sur les raquettes devant. Après quelques efforts, Jean nous trouve une petite cabane de pêcheurs en tôle verte, où nous prenons une petite barre pour nous requinquer à l’abri du vent. Une boisson chaude aurait été la bienvenue, mais personne n’a pris de thermos, printemps oblige ! Le vent ne faiblit pas, bien au contraire. Le paysage joue à cache-cache avec les nuages et parfois, nous avons espoir que le temps s’améliore, grâce à quelques trouées de bleu.

Un lac plus loin (il y a en douze sur notre parcours), Jean propose une seconde pause dans une autre cabane, pour boire un coup et changer de gants : Sophie passe en position hiver et chausse les grosses moufles en duvet pour éviter l’onglet. En sortant, Jean nous annonce qu’à partir de maintenant, nous n’aurons plus d’abri d’ici un long moment, bien après le sommet.

Nous continuons d’avancer, la tête dans le guidon, emmitouflés sous nos capuches. Même si les plus bavards restent silencieux, la motivation n’est toujours pas entamée par ces conditions sibériennes. Après avoir longé plusieurs lacs, dont nous apercevons à peine les berges, la pente commence à s’affirmer. Pour Jean, l’exercice d’orientation dans ce décor tout blanc est difficile, mais nous pouvons constater aisément qu’en cartographie et utilisation du GPS, il est bien affûté. Nous pénétrons dans un cirque et la pente se raidit encore. La blancheur est de rigueur et nous perdons espoir quant à une amélioration de la météo. Les efforts pour lutter contre les rafales de vent sont de plus en plus importants. Il en est même certaines qui nous font tomber à la renverse, malgré le soutien de nos bâtons.

Les difficultés commencent véritablement par l’ascension d’un petit couloir plus raide avec de belles accumulations de neige. La progression se fait à un petit rythme dans cette neige bien lourde. Sophie et Jean-François prennent le relais pour faire la trace. Nous jugeons plus prudent de rebrousser chemin. Les crampons et piolets ont été bien utiles pour descendre le couloir. Les difficultés terminées, et les 14h avoisinant, il est temps de se ravitailler et de goûter au pique-nique copieux du refuge bien à l’abri dans une petite cabane près d’un lac. Puis direction les Bouillouses, en longeant encore de nombreux lacs à travers les pins. Pendant cette dernière partie de la descente, nous bénéficions enfin d’une météo plus clémente. Nous avons même droit au soleil et presque plus de vent.

Toute la journée, nous avons rêvé d’un bon chocolat chaud au près du feu dans le refuge, et voilà que maintenant nous nous mettons à espérer savourer une petite mousse au soleil sur la terrasse du refuge !!! Et en arrivant au refuge, ce moment deviendra réalité pour le plus grand bonheur de tous. Un moment fort apprécié après tant d’efforts ! Après une douche revigorante, l’heure de l’apéro approche et c’est encore sur la terrasse que nous débriefons sur cette journée intense à tous points de vue. Après un bon repas, nous célébrons cette fin de saison raquettes avec quelques bulles et autres spécialités digestives cachées au fond des sacs des uns et des autres. Puis, la fatigue se fait sentir et il est temps de regagner notre petit dortoir où nous ne tarderons pas à plonger dans les bras de Morphée.

Lundi 9 avril :

Dès le petit matin, le ciel est d’un bleu uniforme, la température est douce, à peine un souffle d’air : une belle journée printanière, voire estivale, s’annonce. Quel contraste avec la veille ! Pour bien profiter de ces conditions et du décor des Bouillouses, Jean nous a concocté un parcours superbe, à travers forêt de pins, lacs, sommets et hauts plateaux en guise de belvédères. L’ascension du pic de Palme, où le Carlit nous fait un énorme clin d’œil, nous permet d’admirer largement le panorama, les sommets environnants dont le petit et le grand Péric, le Canigou, les domaines des Angles et de Font-Romeu et le lac de Matemale. Puis, nous descendons prendre notre pique-nique à la terrasse de la cabane de la Balmeta. Aujourd’hui, étrangement, nous ne sommes plus seuls et nous croisons randonneurs et skieurs de fond. Après cette pause au soleil, bien plus longue que celle de la veille, nous

peinons à rechausser nos raquettes pour reprendre la montée. Direction maintenant le Mont LLaret et le Roc d’Aude. Là encore, le paysage s’offre à nous, magnifique mais si différent de nos Pyrénées centrales. Il est temps de finir notre boucle par un petit détour au lac d’Auda et un cheminement fort sympathique dans la forêt au dessus du refuge des Bouillouses. Là, pour finir ce weekend varié, nous jouons aux sangliers, raquettes aux pieds au milieu des pins. Il est 16h00 et nous sommes fidèles à notre RDV avec une petite mousse à la terrasse du refuge et sous un soleil plus que printanier. Ce dernier verre aura un goût particulier puisqu’il clos une saison raquettes riche en émotions et évènements de tous genres.

Merci à toi JEAN pour ces moments extraordinaires partagés en montagne, pour ta bonne humeur permanente et ce goût pour les aventures hors du commun !!! Et à l’année prochaine, car les projets ne manquent pas et le calendrier déjà bien rempli…

photos: http://picasaweb.google.com/lourdes.ffcam







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