Carnet de route

Alpinisme: le Couloir oublié

Le 31/03/2012 par Yves

 

Grand Astazou. 3071m par le Couloir Oublié
31 mars 2012
 
Le Couloir Oublié. Le nom fut judicieusement choisi, sans doute par ses premiers ascensionnistes Bernard Lajus et Francis Thibaudeau. Il fait rêver de découverte, laisse espérer l’aventure d’un jour, le bref et nostalgique retour vers un certain esprit du Pyrénéisme, le domaine des parois secrètes et des pentes farouches. Son itinéraire tourmenté blotti au fond du sauvage cirque d’Estaubé, au dos du titanesque livre ouvert des Astazous ne fait que rajouter au mystère, à l’envie empreinte d’humilité de s’y laisser inviter, sans intrusion, avec discrétion, loin de la cohue qui se presse chez son grand frère, du côté de chez Swann, ou de sa sœur volage la Grande Norwest sur laquelle il se dit que tout le monde est passé.
 
Pour partager avec moi cette visite respectueuse et quelque peu intimidante il y a Marylin, Florent et Mathieu, trois jeunes qui veulent goûter aux charmes des cimes. Ils ont déjà fait de la cascade ou du rocher, jamais jusqu’ici de longue course hivernale. Ils ne vont pas être déçus du voyage. On leur a dit que l’essayer c’est l’adopter, que ‘la montagne ça vous gagne’. A l’issue de ce weekend ils sauront en fait que ‘la montagne ça SE gagne.
 
Nous montons au refuge des Espuguettes vendredi soir. Le souci de trouver quatre couchages dans la partie hivernale du refuge, réduite à 8 places, mais aussi la vague intuition (issue d’expériences similaires) que nous pourrions rentrer un peu tard pour retourner travailler le lendemain matin à 8h, nous a fait avancer la course elle-même au samedi plutôt qu‘au dimanche. L’arrivée au refuge se fait à la frontale, le repas du soir est rapide, mais pas forcément frugal chez nos jeunes qui vident à deux un tupperware d’un bon kilo de ce qui semble être une salade niçoise amoureusement préparée. Couchés à 11h, nous ne nous endormons pas forcément de suite, bercés que nous sommes par de vigoureux ronflements à forte consonance ibérique. Pourtant il nous faut nous lever très tôt car nous savons que le couloir, orienté plein Est, prendra le soleil dès son lever. Nous quittons donc le refuge à 3h. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles avec l’aide de Petzl nous guide sans trop de mal.
 
Quelques… 26 heures plus tard, vers 5h du matin, de retour à ma ‘caisse’, satisfaits mais fourbus, nous saurons que ma vague intuition avait son fondement. On ne s’attaque pas au Couloir Oublié, ainsi, impunément…
 
Vous voulez savoir ce qu’il s’est passé pendant ces 26 heures ? La modestie nous interdit ici de conter nos exploits. Au lien de Camp to Camp alors je vous renvoie : http://www.camptocamp.org/routes/55706/fr/grand-astazou-couloir-oublie
 
Quelques infos supplémentaires cependant : ce couloir est magnifique, d’une inclinaison régulière sans être jamais excessive si l’on excepte le passage de la cascade gelée d’une quinzaine de mètres après le premier tiers de la course. L’équipement est inexistant ou alors nous ne l’avons pas vu. Le rocher compact se prête très peu à la pose de protections en dehors de broches à glace dans le passage de la cascade. Mais la progression se fait sans problèmes. Si les choses se gâtent c’est seulement à la sortie du couloir, dans les 150 derniers mètres d’une arête ‘péteuse’ constituée de gros tas de piles d’assiettes inversées. Au tout début de cette arête, après un petit bloc coincé, un piton qu’il ne faut pas rater. La fin n’est pas du tout une partie de plaisir. C’est bien dommage car cela ternit l’évidence de l’ensemble. En conclusion une très belle course pour montagnards qui aiment les longues marches d’approche et les interminables marches de retour avec un gros sac à dos et des réserves d’eau suffisantes pour tenir la durée et la distance. Sexagénaires : à consommer avec modération.






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