Carnet de route

Raquettes: col des Mulets

Le 09/04/2011 par Michel

Quel veinard ce Jean ! s’il avait voulu former la dream team de la sandale des neiges, il n’aurait pas fait mieux: l’élite de la planche à pointes était là samedi 9 avril pour l’assister dans la dernière sortie raquettes de la saison (enfin la dernière, la dernière… ça se discute): Françoise, Karine, Paule, Sophie, Alain, Jean, Jose et Moi.

Nous arrivons au pont d’Espagne vers 11 heures. Le parking est bien occupé: les conditions météo plus que printanières, le week-end et le début des vacances de la zone C y sont sans doute pour quelque chose. Cependant, il n’y a pas foule sur le sentier; mais où sont-ils donc? .Si ce n’était le poids des sacs sur nos dos, nous serions aux anges: ciel bleu, chaud soleil, cascade débordant d’eau de fonte mais de neige, point

Ce n’est qu’au-delà de la cabane du Pinet que nous pouvons chausser les raquettes et encore, ça racle fort à plusieurs endroits. Est-ce l’effet de la neige ou des bouffées de chaleur liées au printemps mais c’est à compter de là que notre camarade José fait l’objet de lâches agressions de la part des prénommées P*** et S*** dont nous tairons les noms dans un esprit d’apaisement. Projections de neige et stratagèmes visant à faire choir l’adversaire se succèdent sous l’œil réprobateur du groupe. Héroïquement, il rend coup pour coup et s’en tire avec les honneurs.

Nous pouvons enfin déposer nos satanés sacs au refuge des Oulettes de Gaube vers 16h et là nous comprenons où était passée une bonne partie des propriétaires des voitures du parking; le refuge n’est pas loin d’être plein: des skieurs surtout, des alpinistes et même des raquettistes, si, si. Boissons fraîches, farniente au soleil et contemplation béate du Vignemale et de ses petits voisins commencent à nous remettre d’aplomb. Jean, intraitable, fait passer à Sophie et José des tests d’ARVA auxquels ils sont reçus brillamment.

Arrive enfin le moment tant attendu: le repas. Aux plats déjà bien remplis, viennent s’ajouter quelques broutilles sorties de sacs: Pinot des Charentes, vin de Saint-Mont, foie gras, boudin, saucisson et autres denrées fort appétissantes. Dieu que les sacs vont sembler légers demain surtout si l’on retire également les salades, œufs et fraises gariguettes transportées en conteneur réfrigéré à destination de Marie et Jean-Thomas.

A notre table viennent s’ajouter deux malheureux skieurs égarés, Pascal puis Xavier avec lesquels nous entamons une discussion sereine sur les mérites respectifs du ski et des raquettes: tout le monde est bien d’accord, ce qui glisse le mieux, c’est bien … le Saint Mont !

Nous venons en renfort à nos hôtes pour débarrasser les tables et essuyer la vaisselle (à quelques exceptions près dont P*** et S***) pendant que Jean-Thomas encaisse les paiements, dispense les bons tuyaux pour les sorties du lendemain, enregistre les variantes pour les petits déjeuners, etc. La nuit sera courte pour Marie et lui. Mille remerciements à eux deux pour leur sympathique allant.

Nous qui comptions sur une bonne nuit de repos, c’est raté. Entre la fatigue nerveuse qui retarde le temps de l’endormissement et les premiers départs à quatre heures du matin, la nuit est bien courte. Paraît-il même qu’il y aurait eu des ronflements mais j’en doute. Pour ma part, je n’ai rien entendu: je dormais…

Sept heures et demie, nous sommes prêts. Le Vignemale se fond dans une purée de pois bien épaisse et les sacs même allégés scient nos épaules meurtries. Où sont donc les mulets qui devaient s’en charger jusqu’au col du même nom? La pente est raide et chacun économise souffle et salive. Comme par miracle, arrivés au col nous émergeons des nuages et c’est le même ciel bleu que la veille, le même éclat des montagnes, belle récompense.

Sacrilège! Profitant de ce moment d’extase, P*** et S*** rouvrent les hostilités: la neige vole, les chausse-trappe traitreuses se multiplient et honte à elles, elles s’en prennent même au doyen du groupe, pacifique vieillard sans défense, c’est-à-dire moi. Où va-t-on, mais où va-t-on! (1)

On va au col d’Arratille. Il faut d’abord descendre et Jean nous fait mettre les crampons pour justifier leur utilité dans le sac. On pourrait encore parler des piolets, cordes, baudriers qu’il nous a fait coltiner au cas ou… Mon pauvre dos! Et puis il faut remonter et à nouveau l’extase et à nouveau (1): mais que fait l’ONUCI?

Enfin une vraie descente! Jean nous initie à une technique particulièrement secrète dont nous nous ferons maintenant profiter les générations futures: le « scul » de fond de pantalons. Cela consiste à se placer sur les fesses et à se laisser glisser tout en évitant arbres, rochers et autres « racultistes » (pratiquants de la spécialité). Seul inconvénient à la technique, le risque de rhume de fesses en cas de neige humide.

Passé le lac d’Arratille, nous retrouvons la bruine du matin, les pins à crochet s’estompent, la neige disparaît. Même sans neige, la montagne est belle. Le torrent et ses multiples cascades nous accompagnent jusqu’au Pont d’Espagne.

Le temps d’une bière bien méritée à la Raillère et nous nous retrouvons au club: il doit bien être dix huit heures trente. Sacré week-end mais on en redemande et on attend avec impatience la saison prochaine.

 

Merci Jean pour ces merveilleuses sorties, pour ces merveilleux sommets parmi lesquels tu nous fais slalomer, souvent sans qu’il y ait besoin de bâtons, de skis ou de raquettes mais simplement par le fait du groupe et de ton amicale (et rassurante) présence.

 

M***

(je préfère garder l’anonymat par crainte de représailles)

 

 

 

PS: tous les faits rapportés sont strictement conformes à la réalité et ne sauraient souffrir aucune contestation surtout de la part des prénommées S*** et P***

Autres photos là: http://picasaweb.google.com/lourdes.ffcam







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